Concert Argentin

clarinette, piano, cordes
Composition : 3 février 2021
Non crée
Durée : 24 minutes (3 mouvements)
Par nature, le genre concertant est le théâtre d'un dialogue entre solistes et accompagnateurs. Il propose donc une musique dont le déroulement est souvent scénarisé. Ainsi, le synopsis de cette œuvre est basé sur la vie d'Eva Perón dont le destin d'abord artistique puis politique est encore aujourd'hui source de fascination et de questionnement.

Ce Concert Argentin, en réalité véritable triple concerto pour clarinette, piano et cordes, retrace ainsi quelques épisodes du parcours de la célèbre Evita.

Si l'oeuvre épouse la découpe traditionnelle du concerto en trois parties, chacun des mouvements se subdivise en plusieurs séquences, comme autant d'étapes franchies par notre héroïne.

Découpée en trois sections, la première partie explore l'enfance.

Dans Apparition, la clarinette chante avec simplicité le destin à venir d'Evita, soutenue par un piano discret et angoissé imitant une boîte à musique imaginaire. Mais le calme illusoire de ce prélude fait bientôt place à un Premier tango composé pour un trio d'instruments évoquant le jazz (clarinette, piano et contrebasse). Le matériel thématique qui irriguera l’ensemble de l'oeuvre est ici donné à entendre avec clarté et fougue. Pour finir, l'Accessit vient subitement rompre ces pages légères : Evita est au bord de sa vie d'adulte, dans sa loge de comédienne, prête à paraître sur la scène. Ici, les cordes en sourdine propulsent une musique en mode scherzo. Le rythme y est à la fois nerveux et contenu, sans éclatement.

Baptisé Diversión, le second mouvement est placé sous le signe d'un divertissement en trois étapes. D'emblée, retour au tango, mais cette fois-ci, avec tout l'orchestre. C'est l'épisode qui fait le plus référence à Piazzolla. Clarinette et piano rivalisent de virtuosité tandis que les cordes se greffent avec vigueur sur les marches d'harmonies déformées. Vient ensuite le temps du Fast jazz : Evita se marie avec le colonel Perón et le trio du premier mouvement déroule une musique improvisée sur fond de walking bass. Pour conclure, retour du tutti à travers une danse abrupte au parfum de malambo : Clarinette frénétique, piano polytonal et cordes imitant joyeusement les riff de cuivres.

Dans la dernière partie, c'est la femme politique qui nous intéresse.

Le mouvement s'ouvre sur une véritable Allocution. La clarinette/Evita tente de se faire entendre face à une foule de cordes divisées qui bruissent jusqu’à saturation. Vient alors le temps patriotique. Sur pédale de ré, dans le balancement régulier des cloches de piano, l'hymne argentin composé par Blas Parera émerge en demi-teinte. Progressivement, la musique s'assombrit. Confiée dans un premier temps aux cordes seules, l'Épitaphe est un passage austère qui reprend à son compte les anciennes mélodies de tango pour les convertir en un moment dramatique. Pour conclure, le tutti réapparaît dans une musique plus détendue où le tragique se superpose à l'hymne national dans une péroraison lumineuse et triomphante.