Nyx

Composition : 8 février 2017
Création : 20 mai 2017
Quatuor Hélios
Durée : 13 minutes (3 mouvements)
Non édité
Issue du chaos primordial, Nyx est la déesse de la nuit. Dans sa célèbre Théogonie, Hésiode nous dit que Nyx possède une longue descendance, dont Éther, la partie la plus brillante de la haute atmosphère, et surtout Héméra, qui incarne la lumière terrestre et personnifie le jour.

Ce quatuor pour flûtes, violon, alto et violoncelle en trois parties enchainées se présente donc comme une évocation de ces trois divinités grecques.

Nyx y est peinte sous les traits d'un trio à cordes intime, nimbé de sourdines, où les modes de jeu énigmatiques, à la limite du bruit, tissent une trame temporelle que la flûte ponctue de mélismes expressifs, tout en glissandi et notes répétées, le tout sur un cycle harmonique dont la construction à ce stade de l'oeuvre, bien que rigoureuse, n'est pas encore perceptible.

S'ensuit alors un très bref interlude dédiée à Éther qui, jouant sur le silence et l'écho, nous conduit à la dernière partie de l'oeuvre.

Dans un cycle d'accords identique à celui utilisé pour Nyx, Héméra dissipe la nuit et fait apparaître le jour. Les cordes quittent les sourdines, la flûte devient piccolo, les harmonies se libèrent de leurs dissonances. Le rythme aussi devient plus motorique, les nuances s'affirment jusqu'au fortissimo. L'oeuvre se conclue dans une polytonalité robuste et rutilante.

C'est ainsi que pendant près de treize minutes, ce quatuor nous tisse le récit d'une nuit pleine de songes fugaces où la rêverie angoissée laisse bientôt place à une clarté jubilatoire.