Polyptyque dit «du diamant»

(quatuor à cordes n°1)

Composition : 29 août 2011
Création partielle : 4 juin 2011 –
Rencontres musicales de l’abbaye de la Prée
Création complète : 14 octobre 2011 –
Limoges – (Opéra-théâtre)
Durée : 17 minutes
Editions Jobert
Située dans le centre de la France, l’abbaye de la Prée accueille depuis près de vingt ans des artistes en résidence. Edifice d’inspiration cistercienne revisité par le XIXème siècle, il fût pour moi un lieu propice à l’écriture de nombreuses œuvres, dont ce premier quatuor à cordes.
Baptisé Polyptyque dit « du diamant », celui-ci s’inspire notamment d’un événement à l’origine du don de l’abbaye à l’association Les petits frères des pauvres, au milieu du XXème siècle. L’histoire nous dit qu’après avoir offert à un couple de personnes âgés une bague de diamant pour fêter leur soixante ans de mariage, Armand Marquiset (fondateur de la dite association) se voit être l’objet d’un scandale lorsque ce même couple décède rapidement et est enterré avec la bague. Mais au delà de cette anecdote, c’est la thématique générale de la lumière ainsi que celle de l’amour qui est le fil conducteur de ce quatuor.
Composée de cinq mouvements enchainés, l’oeuvre est construire sur une échelle harmonique lumineuse, constituée de plusieurs accords majeurs superposés et polarisés autour du do central.
Ainsi, Noces de Lumière fait figure d’ouverture en exposant avec calme le matériau principal de toute l’oeuvre. Par la suite, le mouvement se développe autour de quelques cellules répétitives (dont les courbes ne sont pas sans évoquer Janacek !) et multiplie les modes jeux de telle sorte à créer un environnement sonore mystérieux. Quelques accords polytonaux viennent traverser ce tissu énigmatique avant de laisser la place à une véritable superposition d’apparence désordonnée de tous les motifs (et c’est à Messiaen que l’on pense !). Le second mouvement, sans titre, se veut rupture et fantaisie. Il voit s’alterner des moments de pure suspension aléatoire où les bribes d’intervention de chacun des instruments évoquent la matière même du diamant, avec une valse atonale dont l’inspiration « seconde école de Vienne » tire vers le burlesque. Le troisième mouvement est un bref Intermède qui fait basculer le quatuor vers un ton plus grave. Quatrième partie de l’oeuvre, Fruit des étoiles est un passage lent et douloureux dont la montée en puissance semble ne jamais pouvoir s’interrompre ; les cordes s’y déploient dans toute leur expressivité. Enfin, le final (sans titre également) propose de conclure l’oeuvre dans la violence des ostinatos, reprenant les matériaux thématiques de toute la pièce et les conduisant à un éclatement énigmatique.