Quatuor pour récitant, clarinettes,
trombone, piano et percussions

Composition : 31 mars 2017
Création : 15 mai 2017
Durée : 19 minutes (3 mouvements)
Non édité
Seconde pièce imaginée pour la scène en dialogue avec d'autres arts, ce quatuor se présente comme un carnet de voyages. Trois évocations se succèdent comme autant de destinations plus ou moins imaginaires et inspirées de textes spécialement écrits par de jeunes poètes en herbe.

La première évocation, la plus développée, se situe quelque part sur le continent africain. Sur des rythmes de bongos et de congas aux métriques irrégulières, les deux instruments à vent aux sonorités apparement éloignées se conjuguent pour donner à entendre une musique à la fois primitive et sarcastique, ponctuée par les clusters du piano. Après un intermède énigmatique, le mouvement se convertit en une danse frénétique qui n'est pas aux allures tribales.

La seconde évocation nous transporte en Orient. On y boit le thé en trois temps : Le premier est « très fort, dur comme la mort », le second est « amer, comme la vie l'est quelque fois » et le troisième est « doux comme l'amour ». Pour sonoriser ce rituel, piano et glockenspiel déroulent inlassablement des guirlandes polytonales de doubles croches, entrecoupées de moments tantôt violents, tantôt tendres. Le mouvement s'achève comme il a commencé : Une longue mélopée de clarinette solo aux allures d’improvisation nocturne, où quarts de ton et liberté rythmique composent une séquence à la fois voluptueuse et angoissée.

La dernière évocation nous ramène en Europe et fait directement référence aux attentats parisiens. La musique s'efface ici au profit d'un texte dont la charge dramatique va croissant. Sous la régularité rythmique d'un piano aux harmonies douce-amères, clarinette et trombone chantent des mélodies discrètes, perçues comme à travers un nuage. Le drame approchant, la musique se raréfie pour laisser la place à un solo élégiaque de trombone ponctué avec gravité par le glas des quintes vides du piano.