Quatuor pour flûtes, violoncelle,
piano et percussions

Composition : 11 juin 2016
Création : 17 juin 2017
Paris – Conservatoire du 5ème
Flûtes, Yua Souverbie, Violoncelle, Christophe Beau
Piano, Caroline Cren, Percussions, Thierry Le Cacheux
Durée : 28 minutes
Non édité
Ce quatuor à la formation peu courante inaugure une série de pièces de circonstance orientées vers le dialogue avec d'autres disciplines artistiques (voir également l'opus 42). Il en résulte une construction formelle originale ainsi que l'utilisation d'écritures musicales très diverses, toutes destinées à s'adapter au propos artistique d'ensemble. C'est ainsi que ce quatuor en cinq parties est conçu pour dialoguer avec la création vidéo et la danse.

Seul allegro de la pièce, le premier mouvement fait alterner une sorte de couplet/refrain dont les trajectoires s'opposent : Alors que le refrain débute par un tutti dynamique et jazzy où les quatre instruments semblent bavarder avec la plus grande liberté pour finir par le violoncelle solo, les couplets gagnent progressivement en densité, depuis la caisse claire seule qui scande la pulsation jusqu'aux violents tutti où le souvenir du minimalisme américain n'est pas loin.

Radicalement différent, le second mouvement est sans métrique : Seules les ponctuations acides du piano provoquent des événements musicaux insolites (de nombreux accessoires de percussion sont sollicités pour créer une atmosphère mystérieuse) tandis que le violoncelle dessine librement, dans l'aigu, une ligne fragile d'harmoniques. Il s'agit d'un moment de poésie éthérée que la flûte à coulisse et la flûte à bec colorent d'une touche d'humour tendre.

Le troisième mouvement est consacré à la percussion seule, plus précisément aux quatre claviers (glockenspiel, vibraphone, xylophone et marimba). Il s'agit d'un morceau de réelle virtuosité technique et rythmique où le percussionniste passe d'un clavier à l'autre pour donner à entendre un véritable feu d'artifice de couleurs et d'énergie.

Le quatrième mouvement est le plus court et se présente comme une introduction au suivant (les deux parties sont enchaînées). C'est une incantation énigmatique, doucement chantée par la flûte basse et ponctuée d'accords de piano aux couleurs clair-obscur. Ambiance nocturne, cette musique évoque des continents éloignés et se veut introspective.

A nouveau composé pour tout l'effectif, le dernier mouvement est celui de la résonance. Composées dans le souvenir des œuvres de Takemistu, sans métrique imposée, les cellules mélodiques de chaque instrument sont traversées de violents accords évoquant des cloches ancestrales. Peu à peu, l'expressivité gagne tous les pupitres et l'oeuvre se conclue dans un ré bémol majeur délicatement clairsemé de notes étrangères. L’ensemble du quatuor se conclue ainsi dans l'apaisement.