Sonate pour piano n°2

Composition : 5 juillet 2019
Création : 1 août 2019 – Cenon – Concert privé
Durée : 28 minutes
Non édité
Proposer une oeuvre solidement charpentée sans pour autant céder au développement traditionnel de la forme, voilà l'un des enjeux de cette sonate. Pour assurer l'unité de l'oeuvre, une triple gamme (chromatique, par ton et par 7ème diminuée) donne naissance à un mode spécifique aux transpositions réduites et dont l'axe central est le do médian. Ici, énergie rythmique et variété des couleurs harmoniques dominent l'ensemble de la pièce.

Divisée en quatre mouvements, l'oeuvre plonge d'emblée l'auditeur dans un univers de rythmes percutants et de dissonances cinglantes. Car c'est bien sous le signe de la pulsation, de la syncope, que cette première partie est placée. En fil conducteur, la gamme génératrice de l'oeuvre, développée à l'infini à l'aide de rythmes perpétuels en double-croches qui, parfois, flirtent avec le jazz.

Le second mouvement, sur lequel plane le fantôme de Ligeti, prend le contrepied de cette débauche d'énergie en proposant une séquence extatique, en croches régulières, où les gammes ne semblent jamais pouvoir s’interrompre et gagnent continuellement les aigus. De ce tableau quasi impressionniste qui n'est pas sans expressivité, naît une forme de mélodie, incursion de lyrisme à travers une matière propice à la rêverie.

Le troisième mouvement est un scherzo à la fois espiègle et désincarné, sans cesse interrompu, où le silence devient une personnage à part entière, le tout dans un esprit proche de Ravel. Le trio, quant à lui, propose une musique aux couleurs plus diatoniques, toute empreinte de résonances aux tendances minimalistes.

Enfin, le dernier mouvement renoue avec une écriture plus rythmique, sorte d’hommage aux pièces de Ginastera, où les accords de quartes issus du système initial prennent le dessus dans un véritable feu d'artifice de lumière et de virtuosité