Sonate pour piano n°3

Composition : 30 mai 2022
non créé
Durée : 23 minutes (5 mouvements)
Non édité
Voici une sonate dont le langage est globalement détendu, sans tension excessive. Oeuvre de divertissement plus que de recherche, elle se découpe en cinq mouvements enchaînés.

Polarisées en do majeur, les premières pages présentent d'emblée ce qui sera une signature de toute la pièce : l'irrégularité rythmique, la mise en boucle de carrures bancales créant une instabilité à travers laquelle l’oreille se plaît à danser. Principalement diatonique, la musique s’accélère progressivement en faisant cascader les gammes et les accords de quartes.

A peine le mouvement a-t-il pris son essor que s'ensuit brutalement une seconde partie aux allures de scherzo. Il s'agit plutôt d'une « fileuse » ininterrompue dont la matière pianistique est légère et les nuances essentiellement piano. Economie et énergie se conjuguent ici dans une séquence déterminée et très « digitale ».

Au centre de la sonate, se déploie le mouvement lent : instant de poésie, de lyrisme discret voire de mélancolie. Dans la confusion des métriques binaires et ternaires, les mélodies évoquent un Janáček lointain, emprunt de nostalgie pudique. Construit sous la forme d'un quasi-choral, le climax ne trouve pas de résolution, reste comme suspendu.

C'est alors le temps de la « reprise ». Le quatrième mouvement (qui est en réalité une introduction au final), reprend sous forme de marche progressive les éléments constitutifs des premières pages de l'oeuvre. Les nuances s’accroissent, le piano devient orchestre.

La dernière partie de la pièce est elle aussi construite sur les éléments thématiques du premier mouvement. Les métriques irrégulières, les harmonies lumineuses (accords majeurs, accords de quartes), les fugatos intrépides, tous ces éléments donnent à entendre une musique joyeuse et festive, qui convoque sans complexe l’Amérique de Copland, Bernstein ou bien encore celle de Jerry Goldsmith.