Le tombeau de Charles Baudelaire

Texte de Charles Baudelaire
Chœur mixte à 6 voix
Composition : 2 décembre 2019
Non créé
Durée : 14 minutes (3 mouvements)
Non édité
Ebauché à la fin du XXème siècle et achevé en 2019, ce cycle rend hommage à trois chefs d'oeuvre extraits des Fleurs du mal.

Hymne est une page brève page aux harmonies lumineuses et diatoniques évoquant Debussy et ses Trois chansons.

Poème le plus long du cycle et sans doute le plus complexe dans la diversité de son écriture, L'horloge est placé au centre de ce triptyque. Sur fond de notes pédales répétées en murmurant, le chromatisme angoissant des lignes vocales est parfois transpercé de violentes dissonances. Ici, la polyrythmie est plus d'une fois inspirée des superpositions de Ligeti et donne par ailleurs la sensation d'un discours décousu. La mise en valeur des voix solistes, l'emploi de la voix parlée ou bien encore déformée donnent à entendre une palette sonore très contrastée, proche d’une écriture orchestrale. Pour autant, le mouvement trouve son climax sur les vers « Le jour décroît, la nuit augmente », tragique crescendo du choeur qui se développe progressivement sur des accords dont la consonance demeure ambiguë. Le poème s'achève dans le dépouillement d'une voix de soprano solo accompagné du glas haché des voix d'hommes  : « Meurs, vieux lâche ! Il est trop tard !».

Enfin, La mort des amants clôture le cycle sous la forme d'une litanie douloureuse empreinte d'une sérénité au parfum de résilience. L'oeuvre s'achève dans la répétition presque langoureuse d'un do dièse mineur amer d'où s'échappent en murmurant deux solistes aux voix éthérées : « Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux ».