Ficciones del tiempo

Texte de Jorge Luis Borges
Composition : 15 mai 2001
Création : 17 juillet 2001 – Festival d’Aix-en-Provence
Jardins de la Direction Régionale de la SACEM
Baryton, Laurent Bourdeaux
Piano, Jean-François Ballèvre
Durée : 8 minutes (2 mouvements)
Editions Jobert
Dans les deux poèmes réunit pour ce cycle, Jorge Luis Borges figure deux états tragiquement opposés de la passion amoureuse.
A la fois sensuel et contemplatif, « Ni la intimidad de tu frente… » est un hymne passionné à l’amour non encore totalement éclos. Oscillant entre récitatif et mélopée voluptueuse, la musique nourrit cette montée du désir en soutenant librement la voix.
Après un bref interlude, « Tarde que soccavo nuestro adios… » nous plonge dans un drame où la musique, plus acide, plus vigoureuse, souligne la violence charnelle du texte. Le caractère hispanisant des harmonies se mêle aux figures debussystes, la densité quasi orchestrale du piano conduit le chanteur à exhorter la douleur d’un amour qui n’est déjà plus.

« Olivier Penard a une oreille juste qui comprend, qui entend sans concessions à des modes contemporaines. Il a aussi une vraie culture du chant, de la voix, peut-être pas encore assez de la langue, mais chacun sait que c’est le plus long à acquérir.
Son Espagne est comprise, reconnaissable et originale néanmoins. La partie piano, plutôt concertante, est sans timidité aucune, sans retenue ; pas encore novatrice mais déjà d’une belle complexité. Les recherches harmoniques sont convaincantes, larges, osées.
Ce n’est pas une écriture de papier mais celle de quelqu’un qui a des choses à dire, un feu intérieur et une puissance, une conviction trop rare de nos jours. »


Jean-François Ballèvre, pianiste