Exaltabo te, Domine - Psaume 30

Choeur à 6 voix mixtes, grand orgue, harpe,
3 perc, cordes
Composition : 26 août 2010
Création : 17 septembre 2010
Cathédrale de Saint Omer
choeurs et orchestre de la Radio Flamande
Direction, Timo Nuoranne
Durée : 38 minutes (5 mouvements)
Non édité
Commande du Conseil Général du Pas-de-Calais, ce Psaume est composé pour chœur, grand orgue, harpe, percussions et orchestre à cordes.
Durant près de quarante minutes, les cinq parties de l’œuvre font entendre une musique tour à tour exaltée et contemplative qui prend sa source dans le texte latin même et cherche à en restituer le fort équilibre dramaturgique. Chaque verset est un joyau poétique invitant à la méditation. Ainsi, en hommage à David auquel est attribué ce Psaume, la harpe seule ouvre le concert. Elle prélude à l’entrée du choeur et de l’orchestre, lesquels émergent dans une ambiance extatique et apaisée, évoquant un passé douloureux duquel le Seigneur nous aurait sauvé (Suscepisti me..., sanasti me..., salvasti me...). Et c’est bientôt la joie qui s’impose dans le second verset, Psallite Domino. Le choeur y chante la gloire du Seigneur à travers une musique aux harmonies lumineuses, clairement polarisée en ut majeur, et qui n’est pas sans évoquer certaines pages d’ Honegger. Au centre du Psaume, l’oeuvre adopte un ton plus dramatique. L’orgue seul nous fait alors basculer dans l’obscurité du doute au moyen d’un interlude en forme de toccata où la musique se fait plus sombre. A l’issue de cette tension intérieure, les cordes réapparaissent avec douceur : Le quatrième verset est un instant de questionnement au lyrisme contenu (Quae utilitas in sanguine meo ...) où la matière sonore se veut ambigüe.
Enfin, le dernier verset est une nouvelle explosion de joie évoquant la danse au cours de laquelle choeur, orgue et orchestre ne font plus qu’un pour louer le Seigneur.
Essentiellement construite sur une échelle harmonique faisant naître des couleurs récurrentes, l’oeuvre flirte avec l’esthétique des répétitifs américains sans renoncer à une écriture de tradition plus française. A travers le rituel du concert, elle propose un moment de méditation qui interroge à sa manière notre spiritualité au XXIème siècle.