Psaume 88

(Domine, Deus salutis meae)

Composition : 27 août 2002
Création : 7 décembre 2002 –
Fruges (Pas-de-Calais) – Eglise
Ensemble Zéphyre
Direction, Olivier Penard
Durée : 25 minutes (7 mouvements)
Editions Jobert
Composé pour l’orgue de Fruges dans le cadre du festival "Les orgues chantent en Pas-de-Calais", ce psaume se divise en cinq parties enchaînées comprenant trois mouvements chantés et deux interludes d’orgue. Il est encadré par une ouverture instrumentale et la doxologie finale, ces deux pièces utilisant le même matériau musical inspiré de la monodie grégorienne du Psaume 87.
L’œuvre souligne la violente théâtralité du texte grâce à des moyens contrapuntiques exacerbés, une grande énergie rythmique, ainsi qu’une écriture harmonique dense.
Après une introduction lancinante où les voix solistes tissent un contrepoint cyclique et instable, l’allegro central du 1er mouvement est déclenché par le vers « Quia repleta est malis… ». La seconde partie de ce mouvement est composée dans l’esprit d’une barcarolle où le langage musical semble se détendre progressivement pour converger vers une écriture vocale basée sur une corde de récitation, soutien du dernier vers « Et ipsi de manu tua repulsi sunt ».
Alors que le 1er interlude d’orgue prépare le matériau musical du climax du 2nd mouvement, ce dernier débute comme une marche funèbre en répétant le même vers « Super me, confirmatus est furor tuus… ». Cette répétition devient si paroxystique qu’elle déclenche un allegro sur le vers « Posuerunt me abobinationem sibi ».
Après avoir atteint un maximum de tension dramatique, le vers « Numquid mortuis facies mirabilia » introduit une seconde partie à ce mouvement, calme et méditative, où les voix s’entremêlent dans un discours de plus en plus étoffé. La fin du mouvement est entièrement construite sur le mot « Justitia », dramatisé à l’extrême par les voix, où seul le silence répond à cette dernière interrogation.
Le 2nd interlude reprend certains éléments musicaux du 2nd mouvement.
Enfin, la 3ème partie de l’œuvre propose un premier véritable moment d’apaisement, ou plutôt de résignation, ou les voix soli entendues jusque là se rassemblent toutes autour de la mezzo soprano. La musique se défait lentement, avec douceur, pour laisser place au solo final sur le dernier vers, exposé à capella, où seul le glas de la timbale fait écho.