Quatre motets pour l’office des Ténèbres

Choeur mixte, orgue et violoncelle
Composition : 9 mars 2004
Création : 18 octobre 2004 – Nantes –
Eglise Sainte-Croix
Ensemble Vocal de Nantes
Direction, Paul Colléaux
Durée : 18 minutes (4 mouvements)
Editions Jobert
Ce cycle de quatre motets est composé de trois répons des ténèbres correspondant aux trois derniers jours de la semaine sainte (In Monte Olivetti, Tenebrae facte sunt, Jerusalem surge), ainsi que d’une antienne finale (O mors, ero mors tua). Composée pour ensemble vocal à cinq voix (2 dessus, contre-ténor, ténor et basse) et orgue, cette pièce est rédigée dans un esprit fidèle à la musique baroque française des XVIème et XVIIème siècle : utilisation d’un effectif instrumental de continuo (orgue et basse d’archet), dispositif vocal à cinq évoquant des écritures typiquement françaises, ornementation des voix, liberté contrapuntique et alternance des écritures binaires et ternaires. In Monte olivetti se présente dans le cycle comme une sorte d’introduction et de préparation au motet suivant. Il expose avec dépouillement les « acteurs » du cycle : voix solos, basse d’archet seule. Peu d’écriture harmonique dans cette pièce, uniquement des lignes épurées pour évoquer la solitude de Jésus face à ses questionnements. Tenebrea facte sunt est le motet central du cycle, son point le plus dramatique. Tout l’effectif y est ici employé à restituer la mort du Christ : une musique ombrageuse pour évoquer les ténèbres, une citation du grégorien du Psaume 22 sur les paroles du Christ « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ».

Jerusalem surge est le dernier des trois répons utilisés dans ce cycle. Il s’agit d’une prière intense, douloureuse et méditative sur la mort du Christ. Chantée exclusivement a capella au moyen d’une grande verticalité d’écriture, c’est tout le peuple de Jérusalem qui pleure sur la mort de son Roi. Enfin, O mors, ero mors tua (« Mort, je serai ta mort. Enfer, je serai ta morsure ! ») est une sorte d’hymne à la vie, d’épilogue à la douleur qui synthétise la musique des trois répons précédents. C’est aussi la pièce la plus brillante, la plus ouverte.

« Olivier Penard renferme en lui une musique qui ne peut pas ne pas dire. Il y a chez lui quelque chose de grave, motivé par une grande intensité de vie.
Sa musique est dénuée de tout effets redondants. Elle est charnelle, sensible, et évoque quelque chose d’immémorial. »


Vincent Manac’h