Quatre sonnets de Louise Labé

Textes de Louise Labé
Composition : 22 septembre 2000
Création : 21 novembre 2000
Soprano, Ariane Douguet
Piano, Alan Ball
Quatuor à cordes, Carolyn Kalhorn, Thibault Vieux,
Vinciane Béranger et Marie-Hélène Beaussier
Durée : 15 minutes (4 mouvements)
Editions Jobert
Le choix de ces quatre sonnets parmi les vingt-quatre que Louise Labé a rédigé au cours de sa vie est dicté par un enchaînement dramatique rigoureux répondant à ma sensibilité de compositeur. Faisant ainsi écho à mon expérience personnelle, la forme quasi-opératique de ce cycle illustre les différents visages de la passion amoureuse, depuis l’émergence du sentiment jusqu’à sa chute inexorable.

Tour à tour emprunte de violence crue et de tendresse, la musique propose une incarnation sonore des vers de « la belle cordière » où l’érotisme brutal est omniprésent.
Composé sans retenue, le premier mouvement expose les éléments récurrents du cycle : tonalité sombre et secrète de mi mineur, plaintes langoureuses du quatuor à cordes, écriture discrète du piano. Il plonge ainsi l’auditeur dans un gouffre de lyrisme exacerbé où le texte de Louise Labé résonne de manière paroxysmique.
Le second volet du cycle fait éclater une violente rupture. Acide et énergique, il souligne les licences poétiques du texte construites sur le procédé de l’antinomie inspirée de la manière Pétrarquiste : la voix y souffre et s’exalte en même temps, la sensualité langoureuse y côtoie la passion animale.

Souvenir des plaintes du quatuor, rappel des motifs torturés de l’allegro précédent, la troisième partie agit sur la mémoire : celle de l’être aimé qui est absent, celle du sentiment qui n’a plus de réalité partagée. Une sorte de nostalgie extatique soutient avec tendresse le poème.

Le dernier mouvement du cycle est un long récitatif résigné. Le cycle se referme sur lui même par le glas des accords de piano, ne laissant place qu’à une douleur sourde, tragique, se consumant sans proposer d’alternative.