Prime time

3 fl, 2 ht, 5 cl, 2 bs, 4 sax, 3 tp, 4 cors, 3 tb, euph, tuba,
pno, cb, timb, perc(4)
Composition : 3 mars 2008
Création : 26 juin 2008
Orchestre d’harmonie des conservatoires municipaux
de Paris
Direction, Fabrice Colas
Durée : 13 minutes
Non édité
Depuis plus de dix ans, mon travail de compositeur s’abreuve d’influences aussi diverses que le répertoire savant, le jazz ou la musique de films. L’un des axes essentiels de ma pensée consiste d’ailleurs à chercher comment allier ces multiples influences à l’inspiration qui m’est propre, permettant ainsi à ma sensibilité de pleinement se révéler dans un langage que je souhaite cohérent, varié et personnel.
Cette démarche implique parfois de marier plusieurs techniques d’écriture. C’est le défi que Prime time se propose de relever.
Durant près d’un quart d’heure, les quatre parties enchaînées de le partition voient se croiser l’évocation du jazz des années 30 ainsi que les partitions de Chick Coréa ou d’Henri Mancini avec ma personnalité de compositeur (en passant par un clin d’œil aux musiques des films de Charlie Chaplin).
La première partie expose avec rutilance (un peu à la manière d’un générique de journal télévisé !) le matériau par lequel l’œuvre est structurée. Il s’agit d’une part d’une cellule rythmique très dynamique, sorte de motorique vitale sans cesse répétée, à laquelle vient répondre d’autre part un motif mélodique qui sera exploité tout au long de l’œuvre.
Au développement contrapuntique de ces deux éléments succède subitement la seconde partie. Rythmique de batterie, riffs des cuivres, solo de clarinette et autres accents des saxophones dialoguent dans une variation où les thématiques entendues précédemment sont en quelque sorte « filtrées » par le jazz. Composée dans l’esprit d’un mouvement lent, la troisième section est le moment où les deux styles d’écriture se tuilent. Sur un fond de caisse claire envoûtant, les clusters acérés des cuivres se superposent aux fantômes des standards de Glenn Miler. La musique se raréfie jusqu’à extinction ; puis elle reprend son élan avec force.
La dernière partie de l’œuvre répond à la première en marquant une nette rupture avec les moments précédents. Le rythme générateur de toute la pièce redevient le centre de l’écoute et le motif mélodique initial est à nouveau travaillé pour conduire au choral final, climax gorgé de lumière. Enfin, plusieurs paliers d’intensité nous conduisent à la coda. La musique s’y éteint progressivement sur la répétition lancinante du rythme initial.