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Nouvelle pièce pour deux pianos à huit mains

Le piano est par nature un instrument qui est destiné à conquérir des sonorités nouvelles, rechercher de espaces sonores originaux, aller au delà de lui-même. Ses contraintes « en blanc et noir » le conduisent à se dépasser. Le répertoire de sonates, pièces à quatre mains et autres duos de pianos en atteste. Pour autant, les pièces pour deux pianos à huit mains se font rares (un Smetana discret traverse le temps jusqu’à nous) ce qui, il faut bien l'avouer, résonne comme une énigme.
Bien sur, l'écriture d'une telle pièce représente un défi technique pour le compositeur comme pour les interprètes : répartition des voix, confort des gestes, contrôle de la saturation et des équilibres etc.
Mais c'est aussi un challenge ô combien stimulant : possibilité accrue de répartir les résonances, énergie rythmique décuplée, évocation de l'orchestre, théâtralisation des rôles de chacun sans oublier tout ce qu'il y a de ludique à voir s'échiner quatre pianistes à faire vrombir ce piano 2.0 !
Oser explorer toutes les facettes de cette formation originale, pour ainsi dire quasiment nouvelle, voilà le défi que je me suis lancé à travers cette oeuvre conçue comme un triptyque d'une vingtaine de minutes.
Composé allegro, dans un tutti constant et tonitruant, le premier mouvement est consacré au rythme et à la percussion. Les fantômes de Bartok ne sont pas loin.
Par contraste, le deuxième mouvement est un instant de poésie étrange où les deux pianos s'échangent lyrisme contenu et résonances.
Enfin, le final, de nature plus détendue, flirte avec le jazz et conclue la pièce dans un feu d'artifice virtuose.

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Quatuor